La croissance économique et le pouvoir d’achat en hausse à La Réunion en 2015

D’après la dernière note de conjoncture de l’IEDOM pour l’année 2015, l’embellie économique observée en 2014 (croissance de +3,1 % selon l’estimation élaborée dans le cadre du partenariat CEROM) s’est confirmée en 2015 et a même gagné en vigueur tout au long de l’année. Les signes d’un haut de cycle qui aurait déjà été atteint en fin d’année 2014 ne se sont pas matérialisés, au profit d’une poursuite de l’amélioration.

Les moteurs de cette amélioration conjoncturelle restent assez semblables à ceux de 2014 : une inflation historiquement basse et des taux d’intérêt exceptionnellement faibles, créant des conditions favorables pour une consommation robuste et un déploiement de l’investissement. La montée en puissance du chantier de la Nouvelle route du Littoral (NRL) se fait ressentir et constitue logiquement un levier important. Par ailleurs, le regain d’activité du système bancaire, les mesures en faveur des entreprises (programmation européenne, CICE, prime à l’embauche du premier salarié, etc.) ainsi que le début de reprise économique en métropole semblent engendrer des effets positifs sur l’environnement économique général. Des effets d’entrainement sont peu à peu perceptibles, prémices possibles d’une dynamique plus pérenne. Du côté du commerce extérieur, les importations se font l’écho de la fermeté de la demande interne mais profitent de la baisse de la facture énergétique. Les exportations se redressent enfin.

L’amélioration est générale dans tous les secteurs, sauf dans celui de la construction de logement, toujours en berne. Le tourisme, lanterne rouge les années précédentes, se redresse. Sur le marché du travail, la forte croissance de la population active reste difficile à absorber. Néanmoins, les dispositifs d’emplois aidés et la croissance soutenue de l’emploi salarié parviennent à enclencher une légère baisse du chômage. L’activité bancaire s’est renforcée en 2015, tirée par le financement des entreprises et des collectivités locales, notamment par les prêteurs institutionnels. Parallèlement à la poursuite de l’assainissement de leur portefeuille de créances douteuses, les établissements bancaires se repositionnent stratégiquement afin de diversifier leurs sources de revenus, réduire leurs coûts et s’adapter à la digitalisation de l’économie notamment.

le pouvoir d’achat des Réunionnais en hausse

La croissance de la masse salariale dans le secteur privé (+3,6 % en moyenne en 2015 après +4,4 % en 2014 et +1,6 % en France entière), conjuguée à une inflation négative soutient le pouvoir d’achat des ménages et donc la consommation. Cette hausse du pouvoir d’achat des ménages, associée à des taux de crédit historiquement bas, permet également de dynamiser le marché automobile réunionnais : les ventes de véhicules neufs grimpent de 8,2 % en 2015, soit la plus forte hausse depuis 2007. Ce dynamisme se retrouve dans la croissance des encours de crédits à la consommation, en accélération (+1,4 % en glissement annuel).
Les possibilités d’accélération supplémentaire de la consommation semblent toutefois limitées, compte tenu des niveaux déjà atteints. La fin d’année montre d’ailleurs quelques signes d’essoufflement, voire d’inflexion (opinion négative des chefs d’entreprise sur l’activité du secteur du commerce). Toutefois, les perspectives annoncées par les professionnels du secteur en fin d’année laissent plutôt entrevoir une stabilisation, ce qui serait cohérent avec la hausse des revenus.

 

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