Des prix toujours plus élevés dans les DOM qu’en métropole en 2015

D’après l’INSEE, en2015, les prix sont plus élevés dans les départements d’outre-mer qu’en France métropolitaine : de 12 % en Martinique, Guadeloupe et Guyane à 7 % à La Réunion et à Mayotte. Ces écarts prennent en compte les différences de mode de vie des ménages selon les territoires. Si tous les ménages consommaient le panier de biens et services moyen d’un ménage métropolitain, les écarts de prix seraient encore plus marqués. En revanche, un ménage d’outre-mer ne ferait qu’une économie limitée en payant son panier habituel aux prix métropolitains. Globalement, les écarts de prix s’expliquent en grande partie par la cherté des produits alimentaires outre-mer : à ces prix, un ménage métropolitain paierait son alimentation de 37 % à 48 % plus cher ; un ménage d’outre-mer, lui, la paierait de 17 % à 23 % moins cher en métropole.

Les ménages d’outre-mer dépensent plus en produits de la mer, en produits tropicaux et en vêtements légers, mais moins en cinéma, théâtre, restaurant, services sportifs et récréatifs que les métropolitains.S’il gardait son mode de vie, le budget de consommation d’un ménage de France métropolitaine augmenterait de 17,1 % en Martinique, 17,0 % en Guadeloupe, 16,2 % en Guyane et 10,6 % à La Réunion. En revanche, dans la vision symétrique, le budget de consommation d’un ménage antillais ou guyanais diminuerait d’environ 7 % s’il vivait en France métropolitaine tout en gardant ses habitudes de consommation. Pour un ménage réunionnais, la diminution serait même moindre (– 3,6 %). Dans les faits, en changeant de territoire, un ménage métropolitain ou d’outre-mer adapterait sa consommation en fonction de l’offre et des prix disponibles. Cette adaptation est prise en compte en combinant les deux mesures précédentes en une seule (indice de Fisher).


Depuis 1985, les écarts de prix  ont diminué pour La Réunion et la Guyane et stagné pour les Antilles
Des enquêtes similaires avaient été conduites en 1985, en 1992 et en 2010. Il est donc possible de mesurer la variation des écarts de prix au cours du temps. En 1985 et en 2015, sur un champ relativement comparable de produits et services, dont sont exclus les loyers, les écarts de prix  par rapport à la métropole sont assez stables en Martinique et en Guadeloupe : en prenant comme référence le panier de
consommation métropolitain, les écarts de prix ont baissé de 1985 à 1992, avant d’augmenter. En revanche, l’écart a diminué pour La Réunion, avec une forte baisse entre 1985  et 1992, moins accentuée ensuite. Enfin, pour la Guyane, les écarts de prix sont restés stables entre 1985 et 2010, mais ont fortement baissé depuis.
Sur la période plus récente et sur un champ comprenant les loyers, de 2010 à 2015, les  évolutions sont contrastées. Du point de vue  d’un ménage métropolitain, les écarts de prix sont en baisse en Guyane (– 3 points environ) et à La Réunion (– 2 points environ). Ils sont plutôt stables en Martinique, ou en légère hausse en Guadeloupe (+ 2 points environ). Si on change de point de vue et qu’on considère le panier de consommation local (y compris les loyers), les écarts de prix sont plus importants en 2015 qu’en 2010, sauf en Guyane où  ils sont du même ordre.


Les écarts de prix sont principalement dus aux produits alimentaires
Les écarts de prix entre les départements  d’outre-mer et la métropole sont en grande partie imputables aux produits alimentaires.  C’était  déjà le cas en 2010. En 2015, en prenant
comme référence le panier métropolitain, les prix sont en moyenne supérieurs à ceux de la métropole de 37 % à La Réunion, 42 % en Guadeloupe, 45 % en Guyane et 48 % en Martinique. Par rapport à 2010, ces écarts sont restés stables à La Réunion, ont diminué en Guyane, et ont augmenté aux Antilles. À l’inverse, en conservant ses habitudes de consommation alimentaire en métropole, un ménage martiniquais économiserait 23 % de son budget, un ménage guadeloupéen ou guyanais 20 % et un ménage réunionnais 17 %. Au final, en tenant compte de l’adaptation des modes de consommation, les écarts (de Fisher) concernant l’alimentaire sont de 38 % entre la Martinique et la métropole, 34 % pour la Guyane, 33 % pour la Guadeloupe et 28 % pour La Réunion.

Dans tous les départements d’outre-mer, se soigner coûte plus cher qu’en métropole, que ce soit en services de santé, en médicaments, en appareils et matériels thérapeutiques. On parle ici de prix bruts avant remboursement par la sécurité sociale et les complémentaires santé. Les écarts sont de 17 % pour les Antilles-Guyane et de 15 % à La Réunion. Ils ont peu évolué depuis 2010.

Les communications (Internet, téléphonie et envois postaux) sont aussi plus onéreuses qu’en France métropolitaine. Les écarts de prix concernant les services de téléphonie mobile ont augmenté entre 2010 et 2015. En 2015, ces services sont plus chers de 60 % environ aux Antilles et en Guyane et de 20 % à La Réunion. En revanche, les écarts concernant l’accès à Internet se sont fortement réduits entre 2010 et 2015, pour atteindre environ 40 % sur chaque territoire.
Pour leurs déplacements, les ménages d’outremer bénéficient de prix moins élevés qu’en France métropolitaine pour les services d’entretien et de réparation de leurs véhicules. En
revanche, les véhicules neufs, les pièces de rechange et les accessoires y sont plus onéreux.


 

Des loyers plus élevés dans les DOM qu’en métropole

Les prix en secteur libre sont plus élevés par rapport à la France métropolitaine, de 20 % en Guadeloupe et en Guyane et d’environ 10 % à La Réunion et en Martinique. Les prix des loyers du secteur social sont plus proches de ceux de la métropole, sauf en Martinique où ils sont plus faibles de 15 %. Les services liés à la jouissance du logement (eau, assainissement, électricité, gaz), à son entretien et à ses réparations sont moins chers à La Réunion qu’en France métropolitaine.

Lire la note de l’INSEE

 

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